Sous le charme du Brésil

Véritable paradis naturel, le Brésil, baptisé ainsi d’après le nom d’un arbre (bois-brésil ou pernambouc) jouit d’une biodiversité impressionnante. Des aras chatoyants, en passant par les grenouilles venimeuses colorées, de même que les orchidées et les palmiers, ce pays regorge de merveilles exotiques.


RENCONTRE D’UNE BEAUTÉ EXOTIQUE

Au printemps 2014, alors que je porte la vie en moi depuis près de cinq mois, je fais la connaissance d’une attachante jeune femme au teint basané et au sourire des plus éclatants. À ce moment précis, je suis bien loin de me douter que trois ans et quelques poussières plus tard, je m’envolerais pour mon baptême de l’air afin de visiter le mystérieux pays de mon amie Raquel! Et qui plus est, que je tomberais en amour avec Porto Seguro, ville qui a vu naître la très sensuelle danse lambada!

UN BRIN D’HISTOIRE

La plupart des récits font remonter l’histoire du Brésil à 1500, avec l’arrivée de l’explorateur portugais Pedro Álvares Cabral (les amateurs de vin Porto reconnaîtront le nom). À l’image de Christophe Colomb débarquant aux Caraïbes quelques années auparavant, Cabral accosta par hasard sur la plage de l’actuel Porto Seguro dans l’État de Bahia alors qu’il cherchait à faire route vers les Indes. C’est cette destination, très touristique et colorée, qui fut notre hôtesse durant notre fabuleux périple.

Durant l’ère coloniale, avec l’arrivée des Portugais, la population du Brésil se composait de peuples indigènes, de Portugais et d’Africains, correspondant respectivement à la population native, aux colons et aux travailleurs qui arrivèrent sur le sol brésilien contraints et forcés. Conséquence de l’esclavage, le pays enregistre le plus grand peuplement au monde d’origine africaine, en dehors du Nigeria. Tranche de voyage: presque tous les jours durant notre séjour, nous empruntons un chemin qui nous conduit de notre maison au centre-ville et vice-versa. En posant les pieds sur les quelque 247 marches de l’escalier en pierre, des images me viennent en tête et mon cœur se serre: des esclaves, pieds nus, avec les mains et les chevilles enchaînées, qui marchent exactement au même endroit que nous, cinq siècles auparavant…

C’EST UN DÉPART

C’est avec une fébrilité indescriptible et une joie démesurée que notre solide noyau de comparses quitte le Québec afin de rejoindre notre amie, envolée vers son pays natal un mois plus tôt avec son bébé. En cette matinée du 26 décembre 2017, le mercure du thermomètre a fait tout un plongeon! Et aux dires de notre entourage, l’Abitibi goûtera à un froid digne de la Sibérie pendant deux semaines!

TOUS NOS SENS EN ÉMOI

Ce qui me frappe et me surprend le plus en arrivant au Brésil, ajoutée au climat extrêmement différent du nôtre, c’est l’odeur de piment jalapeño qui flotte dans l’air! Une odeur piquante, réconfortante et qui rend de bonnes humeurs! Probablement la façon qu’ont les palmiers de nous souhaiter la bienvenue en Amérique du Sud! Ah! Et les chauffeurs de taxi brésiliens! La quasi-absence de feux de circulation ne les embête pas du tout! Parfois avec la musique de Pink Floyd pour les détendre, et parfois avec des rythmes brésiliens entraînants, ces derniers nous conduisent à bon port tels de véritables pilotes de rallye! Et nous, les yeux écarquillés, les fesses et les dents serrées, nous retenons notre souffle et décidons d’un commun accord que les motos-taxis ne nous serviront pas d’escortes pour ce voyage-ci! La chaleur est très présente et nous avons le plaisir d’être caressés par l’agréable brise de l’océan atlantique. La température tourne autour de 28 à 30 degrés le jour et baisse à peine la nuit, avec 24 à 26 degrés.

Notre villa, la Casa Populi, compte cinq chalets et une piscine commune. Notre groupe de neuf amis se partage un de ces logis. L’endroit est paradisiaque! Intime, coloré et regorgeant de mangues, d’avocats et de noix de coco. Mon amoureux, qui apprit à grimper aux arbres avant même de savoir marcher, est notre cueilleur fruitier par excellence! Boire à même une noix de coco et mordre dans la chair d’une mangue fraîchement cueillie pour le déjeuner, voilà pour moi le summum de l’exotisme! Durant nos deux semaines de vacances, nous côtoyons des voisins très charismatiques et engageons la conversation tantôt en anglais, tantôt en portugais et même en français, car une de nos voisines a déjà habité la Belgique. Les Brésiliens sont joviaux et très accueillants, souvent même humoristiques! Heureusement, car quel spectacle nous leur offrons en tentant de dialoguer portugo-franglais, en plus de notre gestuelle digne des plus grands mimes! Nous tombons littéralement sous le charme d’une famille brésilienne, avec qui les échanges sont stimulants et riches en diversité. Leur soif d’apprendre et de découvrir notre culture est sensationnelle! Aussi, à mon plus grand plaisir, je me lie d’amitié avec Afro, un fringant petit chiot couleur d’ébène. Les chiens et les chats, trop souvent errants, se fondent au décor du Brésil et je ne rate pas une occasion de les saluer et les nourrir, puis de caresser les moins farouches.

ADRIANO PIRATA

La crème solaire demeure notre précieuse alliée tout le long de l’aventure, surtout pour une journée en mer! Nous prenons place à bord du bateau du fameux Adriano Pirata, cet homme à la voix rauque et au regard « pas trustable » comme on dit en bon Québécois! Sera-t-il d’humeur clémente? Lorsqu’il vient se présenter à nous, il est bien étonné de rencontrer une bande de joyeux lurons du Canada! En serrant la main de mon chum, ce personnage loufoque constate son teint mi-rose, mi-blanc et le qualifie ensuite de boto cor-de-rosa (dauphin rosé) en raison de cette espèce particulière qui vit en Amazonie. Voilà le surnom de mon amoureux pour le reste du voyage! On nous sert des fruits savoureux et dégoulinants à souhait qui nous rafraichissent instantanément. Après que les hommes mariés furent ligotés, et leurs services trois-pièces inondés d’eau glacée (ce terrible souvenir hante encore les nuits de notre ami Donald!), il est maintenant temps de plonger à l’eau et de découvrir les secrets des coraux. Les oursins, étoiles de mer et petits poissons colorés viennent nous saluer. Nous n’avons définitivement pas la grâce d’une ballerine en marchant sur les coraux rocailleux, chaussés de bon vieux « crocs »! Nous terminons cette activité en entonnant l’hymne national du Canada pour un auditoire très attentif. Un conseil: lorsqu’un pirate vous donne un ordre, obtempérez sur-le-champ!

PLAGES, SHOPPING ET NOUVEL AN EXPLOSIF

Nous découvrons deux magnifiques plages pendant ce voyage. La première porte le nom de Coroa Vermelha (couronne rouge) et la seconde, Praia do Espelho (plage aux miroirs). Évidemment, plusieurs petits coquillages ont plié bagage pour le Canada! Le magasinage est inévitable (surtout pour moi qui fus couronnée reine insatiable du shopping!), avec les kiosques et les boutiques débordants de souvenirs. De plus, le taux de change est très avantageux pour les touristes canadiens. Pour un dollar canadien, nous obtenons environ 2,70 réaux brésiliens. (Au singulier, un réal.) Nous apprécions particulièrement notre soirée du Nouvel An, alors que nous sommes tous assis au bord de l’eau et regardons pétiller les feux d’artifice. Notre chère Marie-Belle souligne le début de sa 13e année de vie avec ce moment mémorable.

O QUE HÁ DE NOVO DOUTOR? (QUOI DE NEUF, DOCTEUR?)

Un bon matin alors que je tente de sortir du lit, pliée en deux, je dois me rendre à l’évidence! Nos marches intensives de plusieurs kilomètres par jour, ajoutées à mes dérapages de sandales sur les trottoirs cahoteux (bon j’avoue! de séances de magasinage interminable également!) ont eu raison de mon dos déjà fragile. Mais ce dernier aurait pu choisir un moment plus opportun que mon premier voyage à vie pour faire des caprices! Après un cocktail-déjeuner-analgésique- inefficace, mon amie exotique et son mari me convainquent finalement d’aller consulter un médecin. Nous sautons donc tous les trois dans un taxi (le verbe « ramper » s’appliquerait mieux dans mon cas!) et nous rendons à la clinique des urgences Pronto Soccoro, où des accouchements sont également pratiqués. Je me retiens de libérer mes talents d’actrice et de simuler un accouchement prématuré afin qu’un docteur s’occupe de moi dans l’immédiat! Soudain, Raquel me pousse dans un fauteuil roulant et se transforme en pilote de rallye à son tour, (Ah! Ces Brésiliens!) enfile ses patins à roues alignées, sort deux casques de je-ne-sais-où puis nous en cale chacun un sur la tête, s’élance en grandes enjambées dans les corridors en zigzaguant et en laissant des étincelles au passage! Oh! L’extrait que vous venez de lire, commandité par Renault, n’a pas réellement eu lieu! Sauf peut-être, au moment où j’ai fait ma chute de pression artérielle. À mon grand étonnement, en moins d’une heure je suis passée au triage, on a pris mes radiographies, j’ai rencontré le médecin et on m’a installé un soluté pour tenter de calmer cette vilaine entorse lombaire. Et tout cela gratuitement! Un épisode très désagréable qui m’aura ralentie pour ma dernière semaine de vacances, mais que j’aurai soigné à grandes séances de physiothérapie dans la mer et la piscine!

ECO PARQUE

À Arraial D’adjuda, le parc aquatique et ses attraits fourmillent de visiteurs. Nous sommes accueillis par un mignon petit singe, un sagui de Mico, qui nous regarde du haut de sa branche de palmier. Quelle adorable petite mascotte! Au menu de cette journée du 5 janvier: détente sur chambres à air flottant sur l’eau avec cascades nous éclaboussant au passage, glissades d’eau avec plusieurs niveaux de « sensations fortes! », piscine à vagues, Tyrolienne pour les plus aventuriers, sans oublier le succulent buffet du dîner avec ses mille et une saveurs divines.

QUAND L’APPÉTIT VA, TOUT VA!

En plus des fruits exotiques disponibles en quantité inimaginable, nos coups de cœur en matière de nourriture brésilienne reviennent aux pão quiejo, de savoureux petits pains au fromage qui fondent instantanément dans la bouche. Les beijus, crêpes à base de farine de tapioca et garnies de bananes plantains, viande et fromage fondu nous ont également séduits. Je salive encore en pensant au torta de frango, un genre de pâté au poulet que l’on déguste comme un sandwich. Pour sustenter notre dent sucrée, les churros, pâtisseries frites farcies de chocolat, caramel ou fraise eurent la cote. Lorsque le soleil se trouvait à son zénith, les glaces à saveur d’açaï, de goyave, de mangue ou de noix de coco furent également consommées sans modération durant ces deux semaines.

CE N’EST QU’UN AU REVOIR

Brésil, on se reverra! Le temps m’a manqué pour apprendre à danser la samba! Mon pauvre dos aurait mal digéré cet excès, surtout avec les pieds chaussés d’escarpins scintillants de cinq pouces!

* À mon amoureux Marc et à nos amis Raquel, Donald Dadu, Marie-Belle, Chantale, Donald DD, Alex et Adam, complices de cet inoubliable voyage: Merci, je vous aime! Quelle aventure… Ce n’est que partie remise! Obrigada! Eu gosto muito de você! Que aventura! Até a próxima!


Note: Plusieurs éléments de ce texte ont été tirés de l’ouvrage « Brésil » par Bill Hinchberger pour National Geographic. //

 

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