Ode à Uno

Peut-être croirez-vous en un excès de folie, mais non! Caché derrière son humilité, le jeu de cartes à jouer Uno mérite son ode. De par la simplicité de ses règlements et sa facilité à jouer, ce jeu nous apporte bien plus loin qu’on pourrait le croire. Passant d’un simple divertissement en temps de journée pluvieuse à un outil pédagogique émérite.

Aussi loin que mes pieds m’ont transporté, mon jeu d’Uno m’a toujours accompagné. D’un contrat de monitrice de français au Yukon à un séjour au Brésil, il était là, bien compacté dans mon «back pack» beaucoup trop chargé pour sa capacité officielle.

Uno était un de mes plus forts arguments avec mes élèves de français seconde langue, et ce, de la maternelle à la 13e année. Je l’utilisais comme récompense, mais aussi comme « punition » : « Vous avez 10 secondes pour écouter Madame Amélie, sinon il n’y aura pas de Uno aujourd’hui ». Phrase que j’ai répétée plus d’une fois, mais qui faisait son effet à tous les coups. Mes élèves l’adoraient et moi aussi. Je voyais également des progrès quant à leur français. Bien sûr ils leur faillaient faire des phrases complètes et expliquer à voix haute tout ce qu’ils faisaient. « Je donne une carte à Théo », «je pige une carte », « Il me reste une carte » ou pour les plus petits, simplement apprendre à compter. Le Uno y était éducatif tout en restant ludique.

MAIS CE N’EST PAS TOUT! Le Uno brise la glace et peut vous sortir d’une situation malaisante en moins de deux! Vous savez ce genre de situation où vous êtes cinq dans une cuisine trop humide du Mexique à vous dévisager, mais à ne pas vous parler parce que vous ne savez que deux mots de la langue de vos compatriotes du genre; « poulet » et « ananas ». Le Uno est là pour vous! Peu importe s’ils savent jouer ou non (dans le pire des cas vous inventerez de nouveaux règlements), vous finirez par comploter et créer des alliances avec une ou l’autre de ces personnes avant même d’avoir appris comment leur dire « bonjour » dans leur langue. Le Uno permet de casser la tension et de transformer les fous rires de gêne en rire francs. Pas besoin d’être à l’étranger pour profiter des bienfaits du Uno, une file d’attente dans un restaurant à 3h du matin ou encore une journée parmi les 300 de notre hiver que nous avons ici suffisent à devenir des maîtres de la carte à jouer.

Ces 108 cartes oui, divertissent, éduquent et font rire, mais permettent également une communication au-delà des chiffres de 0 à 9. Il est possible de sentir un attachement naturel entre certaines personnes. Passant de petits complots à des clins d’œil subtils, une connexion se créer parfois entre les joueurs permettant même de prédire des affinités futures dans un contexte tout autre que le jeu.

Bref, très peu cher payé pour autant de plaisir et d’apprentissage! « Tu turno » //

Mots-clé dans l'article
, , , , ,
Autres articles de Amélie Guillemette