La différence

L’humain s’est développé au fil du temps et a évolué sur plusieurs plans. Nous avons des avancées incroyables au niveau de la technologie, mais nous avons aussi des points où, parfois, nous reculons. Malheureusement, encore en 2018, la société marque d’un fer rouge les différences. C’est comme si la perfection était de mise. D’ailleurs, tout est fait en ce sens… La publicité, les séries télévisées, les objets de consommation. Et l’humain embarque dans ce moule, sans trop se poser de questions. On imite, on fait ce que les autres font et ainsi va la vie.

La différence, c’est quoi au juste? C’est ce qui distingue une personne ou une chose d’une autre. J’aime mieux dire que c’est ce qui nous distingue, ce qui fait que nous sommes uniques. On est différent par notre nationalité, notre religion, nos croyances. Et non pas par le nom d’une maladie ou d’une anomalie. Ce n’est pas ce qui nous forge, mais bien notre personnalité. Pourquoi donc cataloguer une personne en fonction d’une maladie, d’un trouble d’apprentissage, d’une anomalie génétique? L’humain n’est pas le cancer, n’est pas l’amyotrophie musculaire, n’est pas la trisomie. L’humain est humain avant tout, peu importe.

En même temps, les gens qui vivent avec la maladie, un trouble d’apprentissage ou une anomalie génétique sont, pour moi, des gens que j’admire beaucoup. De par leur simplicité, leur regard sur la vie, leur persévérance et leur respect d’autrui. Parce qu’il faut se le dire, ils subissent, à mon grand désarroi, beaucoup de rejets et de préjugés. Ils pourraient bien manquer de respect à toutes ces personnes qui les regardent longuement, qui les jugent. Mais non, ils ont le respect de tatouer sur le cœur, jusqu’à une certaine limite bien sûr. Ce que j’admire le plus, c’est leur honnêteté. Pas de gants blancs pour se dire les choses. C’est maintenant et c’est comme ça et on passe à autre chose ensuite. Dans le fond, le secret n’est pas de s’assumer tout simplement? Assumer qui on est et l’accepter, voilà la logique. Mais cette logique ne se vit pas ainsi dans notre société. On court partout, après notre temps, pour être parfait ou presque… Parfait selon quoi, selon qui?

Je suis fière de dire que JE suis différente. Oui, différente de mes voisins, de mes amis(es), de mes parents, de mes collègues, de mon amoureux. La différence est partout au fond. Dans notre comportement, dans notre physionomie, dans notre pensée. Alors pourquoi je passe incognito au travers les gens alors qu’une personne vivant avec la paralysie cérébrale ou la trisomie ou encore avec une mobilité réduite se fait regarder et observer démesurément? Je suis différente moi aussi, et pourtant, je ne subis pas ces injustices. Parce que je me moule à la société, j’ai tous mes membres qui fonctionnent, alors je suis ce que certaines personnes appellent « normale ». Parlons-en de la normalité… Qu’est-ce qui est normal de ce qui ne l’est pas? Qui décide de cela? Je crois sincèrement que c’est ceux qui ont des préjugés qui sont différents.

À plusieurs occasions, nous avons de belles preuves que la société est bonne et ouverte d’esprit. Par des gestes que l’humain pose pour aider son prochain. Et ça, c’est ce qu’on appelle l’acceptation. L’acceptation de soi et des autres qui nous entourent. Apprenons à vivre ensemble, à se connaître les uns les autres, à prendre le temps de s’apprivoiser. Ne soyons pas craintifs et apeurés. Au contraire, soyons curieux!

Pensez-y comme il faut : un monde où tout le monde serait identique serait assez monotone et sans vie. Alors, soyons différents! Vivons nos différences ensemble, main dans la main. Et ça, ça forge une société! //

More from Jacinthe Bélanger
L’art d’aimer et d’être aimé
L’amour est au centre de la vie, de notre vie. C’est la...
Read More