Le temps du bois

Ahhh le mois de mai! Ce mois me rappelle beaucoup de souvenirs du temps de ma jeunesse. Celui qui me vient en particulier est le fait que commençait le temps de faire du bois de chauffage. En effet, mes parents avaient une fournaise et contrairement à d’autres, pour chauffer ils n’achetaient pas des cordes de bois, nenon! Chez nous, toutes les étapes du bois de chauffage se faisaient en famille.

Certains automnes et hivers étaient synonymes d’aller dans le bois pour bûcher et ramener le bois dans la cour. Puis le printemps venu, on débitait en bûche, on fendait, on cordait… Le mois de mai signifiait pour mes frères et moi que lorsque nous arrivions de l’école, nous avions du bois à fendre, nous devions remplir la remise à bois extérieure et celle de la maison et corder.

Je vous l’avoue bien humblement… JE DÉTESTAIS tout ce qui était relié à cette corvée. Je grognais de dépit quand on revenait de l’école en mai-juin et que ma mère nous disait… Bon, on va aller faire un peu de bois avant le souper, grrrr! Mes parents appelaient ça: passer du temps en famille. Moi, j’appelais ça passer une heure ou deux de torture. Je trouvais déprimant le fait de devoir penser à l’hiver suivant alors que l’été était à peine à nos portes.

Je détestais particulièrement soulever les grosses bûches à fendre pour découvrir une grenouille, des vers ou autres cochonneries du même acabit en dessous (j’aurais porté 3-4 paires de gants superposées pour ne pas les toucher, beurk!) La seule action reliée au bois que j’appréciais un peu était d’utiliser la fendeuse… quand j’en avais l’occasion.

Quand venait le temps de transporter le bois de la remise à la cave de la maison, j’avais trouvé un arrangement avec mon frère. Il s’occupait d’aller chercher le bois dans la remise, chose qu’il adorait parce qu’il pouvait chauffer le trois-roues (quand celui-ci fonctionnait haha) et moi je cordais le bois dans la cave pendant qu’il allait chercher un autre chargement. Ce petit arrangement avait l’avantage que comme je cordais plus vite que lui chargeait j’avais toujours le temps de lire un peu entre chaque voyage de bois. Parfois, il sentait l’arnaque de la situation et m’obligeait à venir décharger avec lui.

Une journée ou nous déchargions un voyage de bois dans le sous-sol et que mon frère me tombait particulièrement sur les nerfs en me narguant. (C’était un de ses passe-temps préférés). J’ai fini par voir rouge et la bûche que j’avais dans les mains a subitement atteint son front… Inutile de vous dire que j’ai été sévèrement réprimandé pour cette attaque. Mais cela a fait tenir tranquille mon frère… au moins pour quelque temps…

Au fil du temps, j’ai appris à apprécier de faire du bois. Quand j’en ai l’occasion, je vais aider mes parents à fendre ou à corder. Par contre, je déteste tout autant trouver des grenouilles, vers et autres sous les bûches surtout quand ma fille les découvre et décide de jouer avec eux et de me les mettre sous le nez BEURKK! //

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